
Philippe de Ferrari : Le collectionneur hors normes
Le nom de Philippe de Ferrari (ou von Ferrary) est mythique parmi les philatélistes : un collectionneur d’exception, un visionnaire, et à certains égards, le « roi » de la philatélie mondiale. Sa collection est considérée comme la plus complète et prestigieuse jamais constituée.
Un héritier privilégié qui choisit l’extrême rareté
Né à Paris en janvier 1850 dans une famille immensément riche (les duchesse et duc de Galliera), Philippe de Ferrari fera de sa vie un seul projet : rassembler les timbres les plus rares de la planète. Dès le jeune âge, sa passion s’affirme : il fréquente les marchands de timbres rue des Canettes à Paris, et ne discute jamais le prix lorsqu’il décide d’acquérir une pièce.
Une collection unique au monde
Ferrari parvient à réunir la plupart des timbres emblématiques rêvés par les philatélistes de sa génération :
- Le One Cent Magenta de Guyane britannique, unique au monde, qu’il acquiert dans les années 1870 et qui s’est vendu des millions de dollars bien après sa mort.
- Le Treskilling Yellow de Suède, la seule erreur de couleur connue, qu’il obtient en 1894 et conserve jusqu’à sa mort.
- Les célèbres « Post Office Mauritius », notamment la lettre de Bordeaux affranchie des deux valeurs (1 d et 2 d) de Maurice – un des plus prestigieuses lettres connues.
- Et tant d’autres : la paire tête‑bêche du 15 c vert français de 1850, des exemplaires uniques du Two cents bleu de Hawaï, etc.
Des ventes aux enchères marquées « Ex‑collection Ferrari »
Lorsque la France confisque sa collection après sa mort (il était de nationalité autrichienne lors de la Première Guerre mondiale), elle est dispersée entre 1921 et 1926 en quatorze ventes publiques, rapportant plus de 30 millions de francs de l’époque. Depuis, de nombreux timbres labellisés « ex‑collection Ferrari » valent beaucoup plus à la revente. Mentionner ce provenir dans un certificat ajoute souvent une prime significative lors de la vente d’un timbre rare.
Une vision audacieuse… et une poétique du regard
Ferrari ne cherchait pas la beauté ou l’esthétique, mais la rareté extrême, la pièce unique. Il voyageait, payait en or, s’entourait de conseillers comme Pierre Mahé (son marchand attitré), jusqu’à employer un secrétariat spécial pour gérer et exposer ses timbres dans son salon à l’Hôtel Matignon (alors ambassade d’Autriche). Cette volonté farouche de rassembler l’exceptionnel fait de lui une figure influente pour la philatélie moderne.
Conseils pour les philatélistes… inspirés par Ferrari
Pour constituer une collection d’exception, tout philatéliste peut s’inspirer de son approche :
- Être exigeant sur la provenance : un certificat signalant la mention « ex‑collection Ferrari » peut augmenter la valeur de revente.
- Rechercher les pièces rares mais documentées : l’histoire du timbre est aussi importante que son graphisme ou sa rareté.
- Entretenir sa collection avec rigueur : Ferrari sauvegardait ses timbres avec soin et professionnellement, condition essentielle pour préserver leur valeur.
Pourquoi Philippe de Ferrari fascine encore aujourd’hui
Dans un univers parfois technique et réservé, Ferrari incarne une passion totale : dépenser sans compter, viser l’unique, constituer l’inaccessible. Dans un monde où certains timbres atteignent des prix à sept chiffres, l’étiquette ex‑collection Ferrary continue de faire rêver, d’induire confiance et rareté.
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